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Le Carreaucarnet de l'Amicale bouliste des Tilleuls

Les boules

Choisir ses boules, et les garder vingt ans

Une triplette, ça ne s'achète pas souvent. La bonne tient dans la main sans forcer, pèse ce qu'il faut pour votre façon de jouer, et ne rouille pas au fond du coffre de la voiture.

De gauche à droite : la plus petite autorisée ou presque, la plus courante, la plus grosse. Le but s'est glissé entre les deux dernières.

Loisir ou compétition

Les jeux vendus en grande surface, souvent par huit dans une mallette, sont des boules de loisir. Elles sont légères, parfois creuses, et elles sonnent comme des casseroles quand elles se touchent. Pour la plage ou le camping, très bien. Au club, on ne les supporte plus au bout d'un mois, et on n'a pas le droit de les jouer en concours officiel.

Les boules de compétition sont homologuées par la fédération. On les reconnaît à ce qui est gravé dessus : la marque du fabricant, le poids et un numéro de série. Elles doivent rester telles qu'elles sont sorties de l'usine : pas question de les regraver, de les recharger ou de les retravailler. Ça se voit, et c'est interdit.

Une triplette homologuée correcte coûte à peu près un bon repas pour deux, pour vingt ans de jeu si on la soigne. On ne citera pas de marque : chacun ici a la sienne, et on tient à rester amis.

Le diamètre : la main décide

Du pli du poignet au bout du majeur, main à plat.

Une boule de compétition mesure entre 70,5 et 80 mm de diamètre. Sur le papier, ça paraît peu ; dans la main, c'est énorme.

La bonne taille remplit la paume sans qu'on ait à écarter les doigts pour la tenir. Trop petite, elle tourne dans la main et part de travers. Trop grosse, on la serre, et elle vous échappe au mauvais moment. Les petites mains jouent plutôt entre 71 et 73 mm, les grandes entre 74 et 76. Il y a des exceptions dans les deux sens : Annick tire en 76.

Pour avoir un point de départ, mesurez votre main et regardez le tableau. On l'a établi au club un soir de pluie, en essayant la caisse de prêt sur une vingtaine de mains. Ce n'est pas une science, c'est une moyenne de chez nous.

Longueur de mainDiamètre pour commencer
moins de 16,5 cm71 mm
16,5 à 17 cm72 mm
17,5 à 18 cm73 mm
18,5 à 19 cm74 mm
19,5 à 20 cm75 mm
20,5 à 21 cm76 mm
21,5 cm et plus77 mm

Un calcul pour démarrer

Choisissez votre longueur de main, votre façon de jouer et le terrain où vous jouez le plus souvent. Le résultat est une proposition pour aller essayer, pas une ordonnance. La ligne correspondante du tableau s'allume au passage.

Quelle boule pour commencer ?

Du pli du poignet au bout du majeur.

74 mm, autour de 700 g

Diamètre
74 mm (essayez 73 à 75)
Poids
690 à 710 g
Dureté
demi-tendre

Si vous ne savez pas encore ce que vous êtes, partez sur le milieu. Au club, on vous le dira avant que vous le sachiez. Sur un stabilisé comme le nôtre, toutes les duretés se défendent, et c'est là qu'on se dispute le plus.

Le poids

Le règlement autorise de 650 à 800 g. En pratique, presque tout le monde joue entre 680 et 720 g, et une différence de vingt grammes se sent surtout au bout de la troisième partie.

On dit qu'un pointeur prend des boules plutôt lourdes : elles tiennent leur ligne et s'arrêtent là où elles tombent. Le tireur préfère des boules plus légères, qu'il peut lancer cinquante fois dans la soirée sans avoir mal à l'épaule le lendemain. Le milieu prend entre les deux.

Pas encore d'avis sur la question ? Prenez 700 g. Ça ne vous fermera aucune porte.

Tendre, demi-tendre ou dure

C'est la question qui fait le plus parler au cabanon, et celle sur laquelle les catalogues sont les moins clairs.

  • Tendre. L'acier encaisse le choc : la boule rebondit moins et reste plus facilement en place quand on tire. C'est la boule du carreau. En contrepartie, elle se marque vite, surtout sur les cailloux.
  • Dure. Elle supporte les cailloux et les terrains secs sans se marquer, et elle vieillit très bien. En revanche, elle rebondit davantage au tir. Beaucoup de pointeurs l'aiment pour ça : elle ne craint rien.
  • Demi-tendre. Le compromis. La moitié du club joue avec, et l'autre moitié ne sait pas ce qu'elle a dans son sac.

Reste la question de l'acier. Le carbone, souvent noir ou bronze, a un toucher que beaucoup préfèrent, mais il rouille si on l'oublie mouillé. L'inox ne rouille pas et coûte un peu plus cher. Gérard jure que l'inox « sonne mieux » au carreau. Personne n'a jamais réussi à le vérifier.

Les stries

Les stries, ces rainures gravées autour de la boule, servent d'abord à reconnaître les siennes. Certains pointeurs trouvent qu'elles tiennent mieux en main ; beaucoup de tireurs préfèrent des boules lisses. C'est surtout une affaire de goût.

Pensez-y quand même : dans une partie où les douze boules sont lisses et de la même marque, bon courage pour compter les points.

L'entretien

Après la partie, un coup de chiffon pour enlever la poussière et l'humidité. Si elles sont en carbone et qu'il a plu, on les sèche bien, on passe une goutte d'huile et on les range dans leur sacoche. Pas dans le coffre de la voiture, où elles passeraient l'hiver à rouiller.

Une tache de rouille part avec un peu de paille de fer fine et d'huile. Ne les passez jamais à la meuleuse, même pour « juste nettoyer » : ce ne serait plus une boule homologuée.

Le chiffon sert aussi à essuyer la boule avant de la jouer. Didier oublie le sien un soir sur deux et emprunte celui de Josette, qui a commencé à tenir le compte.

La caisse de prêt

Dans le cabanon, à gauche en entrant, sous l'étagère des coupes : douze triplettes homologuées, de 71 à 77 mm, de toutes les duretés, données par des membres qui ont changé de jeu. Elles servent aux débutants et à ceux qui hésitent avant d'acheter. On les emprunte le temps d'une soirée et on les remet en place, essuyées. C'est la seule règle.